Des hommes et des femmes

26 mars 2013

Avec Elsa, les Sweet Bordeaux sont jeunes et féminins au château Mémoires

Depuis septembre 2012, Elsa Ménard, 24 ans, a pris en main la commercialisation et l’oenotourisme à l’exploitation familiale, le château Mémoires à Saint-Maixant. Les liquoreux de l’appellation Cadillac y sont à son image : fruités et vivaces.

Il suffit parfois de changer de capitaine pour changer de cap. A seulement 24 ans, Elsa Ménard vient de prendre la suite de son père Jean-François, aux commandes de la commercialisation des vins de l’exploitation familiale, au château Mémoires à Saint-Maixant. Si celui à l’origine de la marque créée en 1985, château Mémoires, dirige toujours la conduite des 35 hectares de vignobles, il passe peu à peu la main à sa fille, pour la partie la vente. « J’ai passé tous les week-ends et les étés de mon enfance et de mon adolescence ici, au château Mémoires, j’ai participé à toutes les étapes. D’abord dans la vigne avec la taille, les vendanges, l’épamprage, puis sur le tracteur, ensuite je suis passée dans les bureaux, à la vente, désormais je prends réellement en main la commercialisation et toute la partie oenotourisme», souligne la jeune viticultrice. Sa place est ici. Elle en est certaine. Avec elle, c’est un avenir radieux qui s’offre aux Sweet Bordeaux du château Mémoires.

Une gamme fraîche

Elsa Ménard a remarqué que la nouvelle clientèle, de tous âges, s’intéresse à des liquoreux frais et vifs en bouche. Alors elle s’attache à commercialiser des Cadillac légers. « Nous avons changé la façon de vinifier nos vins. Les nouveaux liquoreux que nous proposons ont un style assez rond. Nos Cadillac sont parfaits à déguster à l’apéritif, entre filles par exemple ! Ils ont l’avantage de plaire aux femmes avec leur côté sucré, sur la douceur, et aussi aux hommes avec leur côté assez vif », estime la viticultrice. Elle propose trois gammes de vins blancs sucrés, pour tous les goûts. Le classique, puis le Cadillac Grains d’Or, vieilli en fût de chêne pendant six mois et enfin l’Or de Mémoires. « Ce dernier est ce que l’on fait de mieux, il est vieilli plus de vingt mois en fûts de chêne et fabriqué avec les meilleurs millésimes, pour l’instant on est toujours sur le 2001 », explique-t-elle.

Que le château prospère…

La stratégie commerciale d’Elsa Ménard repose, d’une part sur la fidélisation de la clientèle acquise par ses parents, d’autre part, sur la conquête de nouveaux marchés, localement, en France et à l’export. Pour s’acquitter de cette lourde tâche, la jeune femme use d’une solide expérience professionnelle dans la finance et de ses études dans l’agriculture et le commerce international. Elle parviendra ainsi, pas à pas, à propulser le château Mémoires de son enfance dans le grand monde. Le château est ouvert au public en permanence, avec dégustations et vente en direct. Les journées portes ouvertes et les repas à thèmes organisés avec accords mets et vins, assurent une visibilité. « Je me forme dans l’animation des réseaux sociaux en ligne et dans le mailing », précise la viticultrice. Quant à l’export, déjà la Belgique, le Danemark, la Finlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Suisse, l’Allemagne, les Etats-Unis et le Québec, achètent du château Mémoires. Elsa Ménard souhaiterait atteindre l’Asie et confirmer l’Amérique du Nord. « Notre vin y a sa place ! », assure-t-elle. Les salons internationaux s’enchaînent et la jeune viticultrice peut désormais communiquer sur la grande qualité de son vin : le château Mémoires en est à sa deuxième année de conversion en bio. Elsa Ménard n’a qu’un seul souhait : « Faire prospérer l’exploitation, fonder une famille qui pourra vivre grâce au château Mémoires et ensuite passer la main…», confie-t-elle. La voie est toute tracée…