Des hommes et des femmes

20 mai 2014

Château Crabitan-Bellevue : toute la tradition, dans la modernité

Nicolas Solane perpétue la tradition familiale au Château Crabitan-Bellevue à Sainte-Croix-du-Mont. Cette famille de viticulteurs accueille des visiteurs depuis plus de quarante ans sur sa propriété pour partager sa passion des Sweet Bordeaux.

Le Château Crabitan-Bellevue est ouvert tous les jours sauf le premier dimanche de chaque mois depuis plus de 40 ans. Autant dire que les vins de ces viticulteurs de père en fils, font décidément partie du paysage, à Sainte-Croix-du-Mont. La nouvelle génération, celle de Nicolas Solane, 43 ans, a pris les rennes en 1994. Après des études générales et un brevet de technicien supérieur en viticulture et œnologie, le vigneron est désormais le seul gérant.

Les vendanges à la main

Ses deux vins blancs liquoreux, en appellation Sainte-Croix-du-Mont et Premières Côtes de Bordeaux, sont fabriqués à partir de 25 hectares de vignes. « 90 % sont couverts de cépage Sémillon, plus un peu de Sauvignon et de Muscadelle. Le Premières Côtes de Bordeaux reste liquoreux, mais il est plus léger », précise Nicolas Solane. S’il a été modernisé, le mode de production est tout ce qu’il existe de plus classique. Comme depuis toujours, les vendanges des vins blancs liquoreux se pratiquent à la main. « Ce n’est pas possible de mécaniser cela, c’est trop de savoir-faire », insiste le vigneron. La formation des vendangeurs est alors primordiale. « Car le plus important dans un liquoreux est la qualité du tri des raisins botrytisés », ajoute-t-il.

Vente à la propriété

Dans la lignée de l’activité de ses parents, les bouteilles du Château Crabitan-Bellevue sont écoulées en bonne partie, par la vente directe à la propriété. « Mes parents ont cessé d’être présents dans les salons depuis 30 ans. J’en ai seulement fait deux dernièrement : celui de Chengdu en Chine et Vinipro à Bordeaux », souligne Nicolas Solane. Le vigneron estime qu’il doit son succès sans publicité, à un bon rapport qualité-prix. « Nous accueillons les clients quotidiennement, car nous sommes tous les jours présents pour le travail de la vigne. Le bouche-à-oreille fait le reste ! », renchérit le vigneron.

« Toujours une bouteille au frais ! »

Suivant la demande, les visites s’attachent à faire découvrir le chai et la vinification, ou plutôt la vigne. Le moment de la dégustation est en revanche incontournable. « Il faut toujours garder une bouteille de Sweet Bordeaux au frais pour les boire en apéritif, c’est l’idéal. Ou bien en accompagnement de plats épicés, de fromage ou de poulet », conseille Nicolas Solane. Et le vigneron de constater : « les jeunes se réintéressent à ces vins-là. Je pense que c’est parce qu’ils se remettent à chercher des produits authentiques, plutôt qu’industriels. Le goût plutôt doux de nos Sweet Bordeaux, doit également y faire dans notre succès auprès d’eux ».