Des hommes et des femmes

La Parcelle : un rêve de copains devenu réalité
La Parcelle : un rêve de copains devenu réalité

14 mars 2013

La Parcelle : un rêve de copains devenu réalité

Julien Queyrens et Aymeric Noni, deux amis de lycée, ont ouvert ensemble le bar à vins La Parcelle à Talence. Alors qu’ils entrent dans leur 5ème année d’exercice les deux trentenaires s’estiment plus que comblés !

N’ayons pas peur des mots. Julien Queyrens et Aymeric Noni ont réalisé leur rêve. Alors évidement quand on leur demande si c’était à refaire… La réponse est sans détour: « C’est sûr, on recommencerait exactement pareil! ». Une simple phrase du cœur, qui a le don d’exprimer l’état d’esprit des deux trentenaires amis depuis le lycée, qui ont ouvert ensemble en 2008, le désormais couru bar à vin La Parcelle, à Talence. La Parcelle est de ce genre de projets dont on rêve. Dont on parle entre amis. Cette idée qui augure un avenir radieux mais que l’on peine à concrétiser par excès de prudence. Pendant plusieurs années Julien Queyrens et Aymeric Noni en ont simplement discuté. Depuis leur rencontre au lycée de Langon en fait.  Mais vers 20 ans, les premiers contrats arrivent. Le travail,  pendant 6 ans dans une exploitation viticole au Portugal, après un BTS viticulture œnologie, pour Julien Queyrens. Le jeune homme est le digne héritier d’une lignée de vignerons. Père, mère, grands-pères, grands-mères, fils, oncles… Tout le monde fabrique des Sweet Bordeaux chez lui, à Loupiac. Il est alors forcément leur grand défenseur. « Les blancs liquoreux ont été les stars de Bordeaux et ont fait la renommée de la ville pendant très longtemps, je connais la difficulté de fabriquer ces vins, j’ai beaucoup de respect pour eux », assure Julien Queyrens. Son petit frère est resté produire à la propriété familiale, le château Grand Peyruchet.

La Parcelle : un rêve de copains devenu réalité

Motivés ! 

Quant à Aymeric Noni, les origines sont à Saint-Macaire, une autre terre de liquoreux. En revanche, chez lui on fait son beurre avec les fausses fleurs funéraires. « A mon retour du Portugal en 2007, avec Aymeric on s’est dit un jour : lundi on se voit pour réfléchir concrètement à un projet ! », raconte Julien Queyrens. L’idée était d’abord de créer une entreprise de conciergerie. « Rendre toutes sortes de services aux gens ! », raconte le caviste. L’âme est plutôt serviable. Et puis le vin rattrape. De fil en aiguille. Une rencontre en entrainant une autre. L’esquisse d’un bar à vin est tracée sur le papier. « On est arrivés avec ce dessin devant les banquiers et comme on l’attendait, ils ne nous ont pas suivi du premier coup. Nous avons dû essuyer deux ou trois refus avant que quelqu’un nous fasse confiance », confie Julien Queyrens. C’était un test. Mais ils ont les pieds sur terre et sont convaincus du bienfondé de leur idée. Les arguments ? « On est motivés ! », rien de plus. L’accueil de la mairie de Talence à bras ouverts, histoire de dynamiser le centre ville, conforte les deux amis dans leur voie. Aymeric Noni est un commercial. Il s’occupera de cet aspect du business. Son goût pour les bons vins lui permettra de saisir peu à peu les choix de son associé et même de participer aux sélections des 80 références tournantes. Deux fois par mois, les séances de dégustations sont en effet sévères, pour renouveler la carte des vins de La Parcelle. Les deux cavistes se rendent également dans les salons. Car 95% des vins sélectionnés, le sont car les cavistes ont rencontré et apprécient ceux qui les fabriquent. « Moi je préfère parler du travail du vigneron, de sa façon d’aborder le produit plutôt que de dire que sa cuvée sent la pelure d’orange ou la confiture d’abricot… », Julien Queyrens n’aime pas les bars guindés. « Notre bar est démocratique, pas ciblé vers une clientèle », estime-t-il.

La Parcelle : un rêve de copains devenu réalité

C’est le produit qui est noble

A La Parcelle on trouve évidement beaucoup de Sweet Bordeaux, des vins de petits vignerons loin des grands noms, de bons fromages, du foie gras fabriqué par un ami à Mont-de-Marsan, des huîtres, on ne transforme rien, on découpe seulement et on sert. C’est le produit qui est noble. « C’est l’âme du vigneron que je recherche dans un vin, je propose parfois les vins de potes avec qui j’étais à l’école, qui ont mon âge, j’y suis sensible car chacun à sa propre vision du vin, en fait je crois que je tombe amoureux des gens qui font le vin ! », confie le caviste. La Parcelle c’est une histoire d’amour et d’amitiés aussi. De copains. Aujourd’hui, à l’entrée dans la 5ème année d’exercice, ils sont 9 frères et amis, à être employés à La Parcelle. « Les vignerons sont contents qu’on boive leurs vins, les gens sont contents de boire du vin, nous on est contents de leur servir et on rigole bien ! », Julien Queyrens ne demande rien de plus. Et c’est bien normal !